Congrès parlementaire : les calculs politiques
Par EricJ le jeudi 17 janvier 2008, 11:26 - Événement - Lien permanent
« Pour réformer la Constitution française, il faut une majorité de 3/5 des
membres du Congrès du Parlement. Seuls comptent les suffrages exprimés. Le
Congrès du Parlement est composé de 331 sénateurs et de 577 députés. Le
total des suffrages potentiels est donc de 908 voix. Dès lors, la majorité
des 3/5 est égale à 545 voix. La minorité de blocage des 2/5 est de 364
voix.
L’UMP, à elle seule (318 députés et 158 sénateurs), ne dispose que de 476
voix. Avec l’appoint de toutes les voix du centre (MoDem et Nouveau
Centre) des deux assemblées, ce qui reste une hypothèse haute, il lui
manque encore 6 voix ! En rassemblant tous les non-inscrits des deux
assemblées, on arrive à un total de 552 voix, soit exactement 7 voix d’avance.
C’est très court ! D’autant que ce comptage inclut 15 parlementaires
souverainistes. Comment voteront ils ? Il suffit que 8 d’entre eux votent
contre la réforme de la Constitution pour que Nicolas Sarkozy manque sa
majorité.
À l’inverse, la minorité des 2/5, qui suffit à empêcher la révision, est
de 364 voix. La totalité des parlementaires de gauche, socialistes,
communistes, MRC, Verts, radicaux de gauche, est de 356 voix. Il manque
donc 8 voix, si tous les élus UMP sont présents et votent, et si tous
les souverainistes, tous les non-inscrits et tous les centristes votent
avec elle.
La partie est donc particulièrement serrée pour Nicolas Sarkozy. Comme
l’écrit le sénateur Jean-Luc Mélenchon, qui, le premier, a procédé à ce
comptage, « sa seule marge de sécurité ne peut venir que des
parlementaires socialistes qui accepteraient la félonie de lui donner
un coup de main ».