Le honteux coup de main à Sarkozy

La révision constitutionnelle n’aurait pas pu être adoptée sans la bienveillance des dirigeants du PS, à commencer par François Hollande et Jean-Marc Ayrault. Sur 907 parlementaires inscrits, 893 ont participé au vote. Il y a eu 152 abstentions, dont celle des 143 parlementaires membres des groupes socialistes au Sénat ou à l’Assemblée nationale, et 741 suffrages exprimés. La majorité des trois cinquièmes, requise pour adopter la révision, était donc de 445 voix. Les « pour » ont recueilli 560 voix, dont celles de 32 socialistes (17 députés et 15 sénateurs). Il y a eu 181 voix contre (121 PS, 44 PCF, 10 droite, 6 non-inscrits).

Si tous les membres des groupes socialistes présents à Versailles avaient voté contre la révision constitutionnelle, conformément à leurs engagements de congrès et à leurs promesses de campagne, la minorité de blocage des deux cinquièmes aurait été de 354 voix.

Faites les comptes : 181 + 143 + 32= 356 voix. Nicolas Sarkozy n’avait pas sa majorité et était contraint de recourir au référendum ! Et cela sans même compter les 3 députés et 2 sénateurs socialistes absents, ni les 3 députés Verts abstentionnistes (Yves Cochet, Noël Mamère et François de Rugy), ni les 8 sénateurs PRG qui ont voté « pour ».

C’est dire s’il y avait encore de la marge… Comme nous l’avions écrit (Politis n° 985), le référendum était à portée de la gauche. Honte à ceux qui se sont dérobés à leur devoir d’élu du peuple pour donner un coup de main à Nicolas Sarkozy.
M. S.


Source : Politis 988