On le sait, cha­cun d’entre-nous pro­duit une grande quan­tité de déchets de tous ordres. Les com­mu­nes de l’est du Val d’Oise ont choisi, pour le trai­te­ment de l’essen­tiel de leur ton­nage annuel, la solu­tion de l’inci­né­ra­tion. L’inci­né­ra­teur de Sar­cel­les va être recons­truit (il n’était plus aux nor­mes) pour une acti­vité accrue soit 20 ton­nes à l’heure et 160 000 ton­nes par an. Pour ren­ta­bi­li­ser cet inves­tis­se­ment l’opé­ra­teur du site a tout inté­rêt à “rem­plir” les deux fours de l’inci­né­ra­teur. Le prix de la tonne de déchets trai­tés fac­turé aux com­mu­nes adhé­ren­tes dimi­nue avec l’aug­men­ta­tion du ton­nage glo­bal. Plus une com­mune nour­rit l’inci­né­ra­teur moins elle paie. C’est ainsi que, par exem­ple, Roissy, com­mune riche du fait de l’exploi­ta­tion de l’aéro­port inter­na­tio­nal CDG, paie moins cher que Vil­liers-le-Bel, com­mune net­te­ment moins riche. On com­prend alors que les com­mu­nes, et cela sans excep­tion, ne s’empres­sent pas de déve­lop­per le tri sélec­tif qui pour­tant aurait de nom­breux avan­ta­ges sur l’inci­né­ra­tion.

Il faut savoir que le volume de gaz - essen­tiel­le­ment des gaz à effet de serre - rejeté dans l’atmo­sphère par l’inci­né­ra­teur est sept fois plus élevé que le volume de déchets brû­lés dans ses fours. Il faut savoir éga­le­ment que le taux de dioxine reje­tée dans l’air est relevé dans des con­di­tions “opti­ma­les” pour l’opé­ra­teur : il est pré­venu à l’avance et a donc le loi­sir de brû­ler ce qui pro­duit le moins de dioxine. Par ailleurs, l’impact sani­taire de la dioxine sur la popu­la­tion de nos com­mu­nes n’est pas étu­diée mal­gré d’inquié­tants évé­ne­ments tel une pro­por­tion de can­cers sem­blant anor­ma­le­ment éle­vée dans cer­tai­nes caté­go­ries de la popu­la­tion. Enfin, le tri sélec­tif, en même temps qu’il sup­pri­me­rait ou dimi­nue­rait sérieu­se­ment les pro­blè­mes pré­cé­dents, est autre­ment plus créa­teur d’emplois que l’inci­né­ra­tion.