Le dogme du libre-échange généralisé et la construction d'un marché mondial, le capitalisme financiarisé et les technologies de l'information, l'obsession de la vitesse et de la gestion en temps réel, ont modifié le sens et le rôle des territoires. En effet, les politiques néo-libérales sont fondées sur la tentative d'affranchissement des activités économiques vis-à-vis des contraintes sociales, politiques ou écologiques. Le territoire, sous la forme des États ou des collectivités locales, lieu traditionnel d'exercice du pouvoir politique et de la démocratie, est considéré comme un archaïsme, une rigidité, un obstacle à l'u-topie du grand Marché, utopie au sens de non-lieu (a-topie), d'absence de lieu de pouvoir identifié.