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Tag - Grève

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vendredi 20 mars 2009

Caen, le 19 mars 2009

Le 29 jan­vier déjà, la mani­fes­ta­tion caen­naise avait dépassé en nom­bre les plus impor­tan­tes de l’his­toire récente de cette ville, y com­pris cel­les de 1995 et du « CPE » en 2006.  Aujourd’hui les ren­sei­gne­ments géné­raux nous disent avoir compté 5 000 mani­fes­tants de plus qu’en jan­vier.
Pour ce 19 mars 2009, sans ren­trer dans les éter­nel­les que­rel­les de chif­fres, on retien­dra les nom­bres de 24 000 pour la police et de 40 000 par les orga­ni­sa­tions. On notera aussi que c’est bien 5 000 per­son­nes de plus que l’on aura dénom­bré dans la rue… selon la police. Ce n’est pas rien dans cette ville de 110 000 habi­tants un jour de semaine. Il n’y avait en effet pas que le soleil pour atti­rer tant de monde. Outre une grande diver­sité de la repré­sen­ta­tion (sala­riés du privé et de la fonc­tion publi­que, asso­cia­tions, inter­mit­tents, chô­meurs, pré­cai­res, retrai­tés et même des poli­ciers) il y avait sur­tout ce malaise gran­dis­sant de per­son­nes qui ne se sen­tent pas écou­tées, encore moins enten­dues.

C’est dans l’air, dans tou­tes les dis­cus­sions. Plus que la crise elle-même, c’est la poli­ti­que du gou­ver­ne­ment qui mécon­tente, inquiète, fâche, énerve. Sur les ban­de­ro­les de clas­si­ques mots d’ordre : « pou­voir d’achat, emplois… ». Mais ça ne sem­ble plus suf­fire comme si le sen­ti­ment du mépris s’en était mêlé. Face à ce “rou­leau com­pres­seur” qui s’en prend aux droits et aux liber­tés indi­vi­duel­les, “c’est plus loin qu’il faut aller (…) sor­tir des reven­di­ca­tions caté­go­riel­les pour un vrai chan­ge­ment !” Mais lequel ?
L’hori­zon ne sem­ble offrir aucune alter­na­tive poli­ti­que, les syn­di­cats frei­nent à élar­gir reven­di­ca­tions et débats. C’est un tout autre modèle de société qu’il fau­drait envi­sa­ger. Tous le sen­tent, tous le savent. Les évé­ne­ments de la Gua­de­loupe sont dans tou­tes les bou­ches et ce n’est pas une jour­née de plus, fusse-t-elle de 5 mil­lions de per­son­nes dans les rues qui fera réel­le­ment la dif­fé­rence. Qui fera avan­cer la volonté des citoyens ? Qui fera flé­chir ce gou­ver­ne­ment et com­ment ?

Ins­ti­tu­tions, par­tis poli­ti­ques, syn­di­cats, tous don­nent l’impres­sion de con­fis­quer la parole pour lais­ser place à une repré­sen­ta­tion de plus en plus éloi­gnée des citoyen-nes. Les orga­ni­sa­tions clas­si­ques sont de moins en moins en situa­tion d’enten­dre parce qu’elles ne sont plus en mesure d’écou­ter. On dénom­bre de plus en plus de mani­fes­tants dans les rues, beau­coup moins dans les AG orga­ni­sées par les syn­di­cats quand il s’en tient !
Les atten­tes sont tel­les que cette désaf­fec­tion n’est pas assi­mi­la­ble à un “blanc-seing” accordé aux délé­gués syn­di­caux. S’en dou­tent-ils vrai­ment ? Quoiqu’il en soit, à l’évi­dence, il s’agit d’une véri­ta­ble crise de con­fiance à leur égard. On en veut pour preuve la mul­ti­pli­ca­tion des col­lec­tifs et orga­ni­sa­tions auto­no­mes et auto­gé­rées, signes d’un réel besoin, d’une néces­sité de s’expri­mer, d’être écou­tés et d’être enten­dus. C’est bien de Démo­cra­tie dont il retourne !

mardi 20 novembre 2007

Je suis en grève et je l'assume par Durail

Chère cliente, cher client,

Je suis en grève aujourd'hui et je l'assume. Oui, j'assume de devoir vous poser des problèmes dans votre train-train quotidien, j'assume de vous obliger à modifier vos habitudes quotidiennes.

On m'accuse de vous prendre en otage. Mais vous ai-je enfermés, vous ai-je attachés ? Non, je vous laisse libres. Libres au milieu des contraintes que vous acceptez tous les jours sans vous en plaindre. J'assume pleinement de vous laisser voir vos chaînes, parce que ces chaînes sont aussi les miennes. Parce que moi aussi, je dois faire garder mes gamins quand je commence au petit matin, moi aussi, quand je rentre le soir, j'ouvre ma boite à factures qui naguère s'appelait boite aux lettres, moi aussi je m'affale parfois dans le canapé pour manger docilement la soupe de la télé, car moi aussi, je vis dans cette société. Oui, je l'assume.

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mercredi 14 novembre 2007

Le mythe d'un pays gréviste par François Doutriaux

La France serait une nation ¬´grévicultrice¬ª : le pays du ¬´droit de paralyser¬ª (le Figaro, 17 février 2004), qui préfère la ¬´guerre sociale aux compromis¬ª (le Monde, 26 mai 2003) et souffre d'une ¬´forme d'infirmité que ne partagent pas nos voisins européens¬ª (Christine Ockrent, les Grands Patrons, 1998) car ¬´nul autre pays occidental ne se comporte ainsi¬ª (l'Express, 5 juin 2003). Un bref rappel de la réalité historique et statistique de ce phénomène n'est donc pas sans intérêt.

(*) François Doutriaux est enseignant en droit privé et consultant juridique indépendant, spécialisé en droit du travail et en droit pénal.

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