par léo thiers-vidal
Présentation dans le cadre du Colloque Marx IV – 01/10/04 - Matin,
Section ” Genre et rapports sociaux ” (Nouvelles Questions Féministes)
Lorsque, le 27 juillet 2003, Bertrand Cantat a décidé de frapper - à
mort - Marie Trintignant, il a engagé sa responsabilité individuelle
pour les conséquences de ses actes - quels que puissent être ensuite ses
discours de déni, de reconnaissance partielle, de projection de
responsabilité ou de pleine reconnaissance et éventuelle demande de
pardon. Si cette dimension subjective, individuelle de la reconnaissance
de culpabilité peut être importante pour les personnes proches de Marie
Trintignant et la façon dont celles-ci pourront vivre ce meurtre, elle
n’évacue évidemment ni la culpabilité individuelle de Cantat, ni la
dimension de responsabilité collective pour ce meurtre. J’entends par
responsabilité collective le fait que les actes de Cantat peuvent
évidemment être analysés comme reflétant son investissement dans la
masculinité hétérosexuelle – c’est-à-dire l’investissement subjectif par
un humain d’un certain registre de pratiques de soi et des autres,
sources de bénéfices structurels considérables. Les actes de Cantat
révèlent ainsi le degré de résistance et/ou de complaisance que celui-ci
a au préalable développé face à cette socialisation masculine
héterosexuelle. Plus spécifiquement, les actes de Cantat peuvent
également être analysés comme le produit d’une socialisation masculine
spécifiquement de gauche radicale. Et c’est en tant que pratique d’une
masculinité hétérosexuelle engagée à gauche que les actes de Cantat
peuvent collectivement interroger les hommes hétérosexuels de la gauche
radicale.